À 63 ans, Monique devrait pouvoir profiter tranquillement de sa retraite. Pourtant, avec seulement 800 euros par mois, elle doit faire des choix difficiles pour réussir à payer ses dépenses essentielles. Dans son logement social de Nîmes, mal isolé, elle a renoncé à allumer le chauffage et limite autant que possible l’utilisation de ses appareils électroménagers.
Pour manger chaud, elle compte parfois sur les associations qui viennent en aide aux personnes en difficulté. Son témoignage, recueilli par France 3 Occitanie, révèle une réalité particulièrement préoccupante : pour certains retraités, se chauffer, cuisiner et se nourrir correctement sont devenus de véritables défis.
Comment vivre dignement lorsque chaque dépense risque de déséquilibrer un budget déjà insuffisant ?
Avec 800 euros de retraite, Monique doit choisir entre se chauffer et se nourrir
Depuis 2012, Monique habite dans un logement social situé à Nîmes. Mais son appartement présente un sérieux problème : son isolation est insuffisante.
Selon son témoignage, la température peut atteindre 40 °C pendant les fortes chaleurs estivales, tandis qu'en hiver, elle descend parfois autour de 15 °C.
Avec une pension mensuelle de 800 euros, la retraitée ne peut pas se permettre de faire fonctionner librement ses radiateurs. Les factures d'énergie représentent une dépense trop importante pour ses ressources.
Cette situation l'oblige à adapter son quotidien. Elle surveille sa consommation, limite les appareils utilisés et renonce à certains petits conforts qui semblent pourtant indispensables lorsqu'il fait froid.
En janvier dernier, elle expliquait déjà rencontrer des difficultés pour se nourrir et chauffer son logement. L'inflation et la hausse des dépenses quotidiennes ont encore compliqué sa situation.
Elle évite d'utiliser son four et mange parfois froid
Pour réduire ses factures, Monique a considérablement changé ses habitudes en cuisine.
Elle explique ne presque plus utiliser son four et se servir seulement de temps en temps de ses plaques de cuisson. Préparer un repas chaud à la maison devient donc une dépense qu'elle cherche à limiter.
Son témoignage résume cette situation avec une phrase particulièrement frappante : « Hier à midi, j’ai mangé froid ».
Ce renoncement peut sembler anodin lorsqu'on le considère isolément. Mais lorsqu'il devient une habitude imposée par le manque d'argent, il révèle une situation bien plus difficile.
La retraitée ne peut pas simplement augmenter sa consommation d'électricité sans risquer de recevoir une facture qu'elle ne pourra pas payer.
Les associations deviennent une aide précieuse pour obtenir un repas chaud
Face à ces difficultés, Monique peut compter sur les organismes solidaires de Nîmes.
Elle se rend notamment aux Restos du Cœur et au Groupe SOS Solidarité, où elle peut bénéficier d'un repas chaud et trouver un peu de réconfort.
Elle explique que ces moments lui permettent de manger correctement, même si elle ne peut pas se permettre de prendre un repas de ce type chaque jour.
« Un repas chaud, c’est toujours ça de gagné. J’aurais mon repas jusqu’au lendemain », confie-t-elle.
Derrière cette phrase se trouve une réalité difficile : pour cette retraitée, obtenir un repas chaud dépend parfois de l'aide extérieure plutôt que de ses propres moyens.
Ces associations jouent ainsi un rôle essentiel auprès des personnes âgées dont les pensions ne suffisent plus à couvrir les besoins quotidiens.
Monique n'est pas la seule retraitée à rencontrer ces difficultés
La situation de Monique n'est malheureusement pas un cas isolé. D'autres retraités témoignent également de leurs difficultés à payer leurs factures et à maintenir une température correcte dans leur logement.
C'est notamment le cas de Marie-Christine, âgée de 66 ans, qui dispose d'une pension de 900 euros par mois.
Pour limiter ses dépenses, elle maintient la température de son logement autour de 16 °C et retarde autant que possible la mise en marche de ses radiateurs.
L'arrivée de l'automne et de l'hiver représente pour elle une source d'inquiétude. Elle explique redouter les factures de chauffage, qui pèsent lourdement sur son budget.
Après avoir réglé ses charges, il ne lui resterait qu'environ 150 euros pour vivre jusqu'à la fin du mois.
Pour se nourrir, elle doit donc elle aussi compter sur la solidarité du Secours populaire.
Son témoignage est sans équivoque : « Sans eux, je ne pourrais pas me nourrir ».
La précarité énergétique touche aussi les personnes âgées
Pour les retraités disposant de faibles revenus, les dépenses liées au logement peuvent rapidement devenir insurmontables.
Un appartement mal isolé nécessite davantage de chauffage en hiver et peut devenir difficile à supporter pendant les périodes de forte chaleur. Lorsque les ressources sont limitées, les occupants n'ont pas toujours les moyens d'améliorer leur confort thermique.
Certains choisissent alors de réduire le chauffage, de limiter l'utilisation de leurs appareils ou de passer plusieurs heures dans des lieux chauffés à l'extérieur de leur domicile.
Mais ces restrictions ne sont pas sans conséquences. Vivre durablement dans un logement trop froid peut notamment fragiliser les personnes âgées, particulièrement sensibles aux basses températures.
Il est donc important de ne pas considérer le renoncement au chauffage comme une simple économie domestique : il peut révéler une véritable situation de précarité.