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Minnie, la petite lectrice qui ne manque jamais un chapitre aux côtés de son humaine


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Avec le temps, j'ai perfectionné mon rôle de compagne de lecture. Et je dois reconnaître que je suis devenue particulièrement douée pour attirer l'attention sans avoir l'air de la réclamer.

Ma première technique consiste à approcher doucement mon museau du livre. Je frotte ma joue contre le bord de la couverture, puis contre les pages, comme pour y déposer ma signature.

Après tout, si mon humaine doit lire une histoire, autant qu'elle sache que je suis passée par là !

Ma deuxième technique est encore plus efficace. Lorsque sa main se déplace pour tourner une page, je tends délicatement le cou et lui donne de petits bisous sur les doigts. Parfois, je pose simplement ma tête contre sa main pour lui rappeler que quelques caresses seraient tout de même les bienvenues.

Et lorsque cela ne suffit pas, je passe à ma méthode préférée : je pose mon menton directement sur le chapitre qu'elle essaie de lire.

Elle baisse alors les yeux vers moi.

— Minnie… tu me caches mon livre !

Je cligne lentement des yeux, parfaitement innocente.

Comment pourrait-elle m'en vouloir ? Je ne fais que lui rappeler une vérité essentielle : dans cette maison, la petite lectrice mérite autant d'attention que les personnages de son roman !

Pendant ce temps, Dany, le boxer de la famille, est généralement installé dans son panier, non loin du lit. Il dort profondément et ses ronflements doux remplissent la chambre d'un bruit régulier.

C'est notre petite musique du soir.

Mon humaine lit, Dany ronfle, et moi, je veille à ce que personne n'oublie de me caresser.

Il m'arrive même de relever la tête lorsque Dany pousse un soupir bruyant dans son sommeil. Je le regarde quelques secondes, puis je me blottis encore davantage contre mon humaine.

Tout est à sa place. Tout est calme. Tout est rassurant.

Et chaque soir, je remercie silencieusement la vie de m'avoir conduite jusqu'ici.

Il y a pourtant quelque chose de plus important que les livres dans notre petit rituel.

C'est ce que je ressens lorsque je m'installe contre mon humaine.

Je connais maintenant le son de sa respiration, la chaleur de ses mains et la douceur de ses gestes. Je sais reconnaître le moment où elle commence à fatiguer : ses mouvements deviennent plus lents, ses pages se tournent moins souvent et sa main reste parfois posée sur mon dos pendant de longues minutes.

Alors, je me rapproche encore un peu.

Je replie mes pattes, je pose ma tête contre elle et je commence à ronronner. Pas un petit ronronnement discret, non. Un ronronnement profond, généreux, qui semble venir de tout mon corps.

C'est ma façon de lui dire que je suis là.

Je ne comprends pas toujours les histoires qu'elle lit. Je ne sais pas ce que racontent les personnages ni pourquoi certains livres la font sourire tandis que d'autres la rendent silencieuse. Mais je sais reconnaître les moments où elle a besoin de douceur.

Alors je reste.

Parfois, elle referme son livre et me regarde avec tendresse. Elle passe ses doigts sur ma tête, caresse mes oreilles et dépose un petit baiser sur mon front.

— Tu sais, Minnie, tu es ma meilleure compagnie.

Je ne peux pas lui répondre avec des mots. Mais je relève le menton, je pousse ma tête contre sa main et je ronronne un peu plus fort.

Je crois qu'elle comprend.

Car notre histoire ne se trouve pas dans les pages de ses livres. Elle s'écrit chaque soir, dans ces petits gestes que personne d'autre ne remarque : une patte posée sur son bras, une joue contre une couverture, un regard échangé dans la pénombre.

Et si elle oublie de tourner une page parce que je me suis endormie sur son livre, ce n'est vraiment pas grave.

Les histoires peuvent attendre. Les câlins, eux, sont beaucoup trop précieux.


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